Londres, 27 décembre 2025 – Alors que nous nous apprêtons à tourner la page de l'année 2025, les marchés énergétiques sont en ébullition. Le baril de Brent, qui a oscillé de manière erratique ces derniers mois, montre des signes avant-coureurs d'une ascension verticale. Analystes et économistes commencent à s'accorder sur un scénario redouté : 2026 pourrait être l'année d'un nouveau choc pétrolier.
Entre une demande vorace, une offre cadenassée et un échiquier mondial instable, voici pourquoi le prix à la pompe risque de faire mal l'année prochaine.
1. Le réveil brutal de la demande asiatique
Le facteur le plus puissant est sans doute purement mécanique : la demande repart, et elle repart fort. Après une année 2025 marquée par une croissance mondiale en demi-teinte, les indicateurs économiques virent au vert, en particulier en Asie.
La Chine et l'Inde, les deux géants démographiques, ont lancé d'importants plans de relance industrielle pour 2026. Le secteur de l'aviation, qui avait peiné à retrouver ses niveaux d'avant-pandémie, prévoit une année record pour le tourisme international. Cette soif de kérosène et de carburants industriels va heurter de plein fouet une offre qui n'a pas anticipé une telle vigueur.
2. Le verrouillage stratégique de l’OPEP+
Du côté de l'offre, le robinet est loin d'être grand ouvert. L'OPEP+ (l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés, menés par la Russie) a clairement changé de stratégie. Fini la course aux parts de marché ; la priorité est désormais la maximisation des revenus.
L'Arabie saoudite et la Russie ont maintenu tout au long de 2025 une discipline de fer sur les quotas de production. Pour 2026, rien n'indique un assouplissement. Au contraire, face à la transition énergétique qui menace à long terme leur modèle économique, ces pays semblent décidés à maintenir des prix élevés (au-dessus de 90$, voire 100$ le baril) pour financer leurs propres diversifications économiques tant qu'il est encore temps.
3. La poudrière géopolitique
L'incertitude est le meilleur carburant pour la hausse des prix, et le monde de 2026 ne manque pas d'étincelles.
- Tensions au Moyen-Orient : La situation dans le détroit d'Ormuz reste précaire. Toute menace sur ce goulot d'étranglement, par lequel transite une grande partie du brut mondial, fait immédiatement grimper la prime de risque.
- La guerre en Ukraine : Le conflit, qui s'étire en longueur, continue de peser sur les infrastructures énergétiques russes et sur les sanctions occidentales, perturbant les flux logistiques traditionnels.
- L'instabilité en Afrique : Plusieurs producteurs clés, comme la Libye ou le Nigeria, font face à des troubles internes qui rendent leur production intermittente et peu fiable.
4. Le sous-investissement chronique
C'est un facteur plus technique mais crucial : le manque d'investissements structurels. Depuis cinq ans, sous la pression des normes ESG (Environnement, Social, Gouvernance) et de la transition verte, les "Majors" pétrolières occidentales ont drastiquement réduit leurs investissements dans l'exploration et le forage de nouveaux puits.
Le résultat ? Les capacités de production de réserve sont au plus bas. Si la demande explose en 2026, il n'y a tout simplement pas assez de "marge" pour pomper davantage rapidement. Ce goulot d'étranglement structurel pourrait propulser le baril bien au-delà des 110 ou 120 dollars.
Quelles conséquences pour les consommateurs ?
Si ce scénario se confirme, l'impact sera immédiat : hausse du prix de l'essence et du diesel, augmentation des coûts de chauffage, et par ricochet, une pression inflationniste sur l'ensemble des biens de consommation transportés.
2026 s'annonce comme une année charnière. Paradoxalement, cette flambée des prix pourrait être le meilleur accélérateur pour la transition énergétique, rendant les véhicules électriques et les énergies renouvelables financièrement incontournables face à un pétrole devenu un produit de luxe.
Soyez prêt à l'imprévisible